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Un destroyer américain a traversé la zone économique exclusive de l’Inde sans l’en informer afin de contester sa revendication sur celle-ci, selon un communiqué officiel de l’US Navy. Des opérations de la Marine avaient déjà créé des tensions avec la Chine et la Russie.

Avec l’arrivée de Joe Biden au pouvoir en janvier aux USA, les tensions montent crescendo avec les différentes grandes puissances. Tandis que les relations avec la Russie et la Chine se détériorent en raison de déclarations virulentes ou encore de manœuvres militaires, l’Inde est désormais aussi une cible.

Mercredi 7 avril, un destroyer américain équipé de missiles guidés a traversé la zone économique exclusive (ZEE) de l’Inde en passant sous les 200 milles nautiques de ses côtes. Un mouvement qui n’avait rien d’anodin puisqu’il visait à contester la loi indienne sur ce territoire, laquelle stipule qu’un navire étranger ne peut y exercer d’exercice ou de manœuvre militaire sans notification préalable.

«L'USS John Paul Jones a affirmé ses droits et libertés de navigation à environ 130 milles nautiques à l'ouest des îles Lakshadweep, à l'intérieur de la zone économique exclusive de l'Inde, sans demander le consentement préalable de l'Inde, conformément au droit international», indique le communiqué de la 7e flotte de l’US Navy.

L’exercice était mené dans le cadre de l’opération «FONOP – Freedom of Navigation Operation», consistant à contester des revendications maritimes jugées excessives par les États-Unis. «Toutes les opérations sont conçues dans le respect du droit international et démontrent que les États-Unis voleront, navigueront et opéreront partout où le droit international le permet», poursuit le document.

Cette manœuvre a, par la même occasion, violé la loi de la République des Maldives, qui a les mêmes revendications sur sa propre ZEE. Un communiqué quasiment identique a été produit à son égard.

Ironie

En résumé, l’opération américaine a violé des lois nationales mais pas le droit international. Bien que l’Inde n’ait pas encore réagi officiellement, Arun Prakash, un ancien chef de la marine du pays, a dénoncé sur Twitter «l’ironie» de cette décision américaine. En effet, contrairement à l’Inde, les États-Unis n’ont pas signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, laquelle définit par exemple la notion de ZEE et ses limites (entre 12 et 200 milles nautiques, soit à 370 kilomètres des côtes).

Outre ce document, l’Inde et la Chine ont défini leurs propres règles en matière de ZEE. New Delhi réclame au moins une notification avant qu’un navire y pénètre, tandis que Pékin exige une autorisation. Les États-Unis leur citent tout de même une loi qu’ils n’ont eux-mêmes pas signée et ratifiée. Une décision «injustifiée et inutile», a ajouté M. Prakash auprès du média en ligne The Print, précisant que le contexte diplomatique ne laissait en rien présager une telle démarche.

Contre la Chine et la Russie

Cette opération intervient moins d’un mois avant le sommet du Quad (Inde, Japon, Australie, États-Unis), une alliance visant à «contrer» le géant chinois, et deux semaines après la visite du secrétaire américain à la Défense à New Delhi afin de renforcer leur coopération militaire, là aussi avec Pékin dans le viseur.

L’administration Biden est d’ores et déjà marquée par une intensification de la présence américaine en mer de Chine méridionale au mois de février, à proximité de zones revendiquées par la Chine. En janvier, l’US Navy a également mené des exercices en mer Noire, des manœuvres vues par Moscou comme «antirusses» et représentant une «menace pour la paix».

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Chine, Russie, Convention sur le droit de la mer, tensions, US Navy, Inde, destroyer
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