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Propagation du coronavirus en France (302)
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Sommée par l’exécutif de se confiner, la France apprend à vivre de façon dématérialisée et à s’en remettre aux outils numériques pour continuer à travailler et à communiquer. La start-up nation est ainsi devenue la start-up confination. Ce palliatif ne doit pas obérer une responsabilité politique lourde dans ses conséquences actuelles.

Suite à l’aggravation de la situation sanitaire en France, le Président de la République a imposé le confinement de l’ensemble de la population française. Une mesure qui s’assortit d’amendes pour les contrevenants. Le Covid-19 a ainsi converti de force un nombre considérable d’employés au télétravail, toujours préférable au chômage technique.

Si les fournisseurs d’accès devraient assurer le surcroît de bande passante rendu nécessaire par la hausse du nombre de connexions simultanées –télétravail à grande échelle oblige–, certains services devront faire des efforts afin de ne pas saturer le réseau. Ainsi, le fournisseur de contenus en ligne Netflix va-t-il diminuer le débit de ses flux vidéo afin de soulager les infrastructures. Politique identique pour YouTube, l’autre plateforme mondiale de vidéos en ligne, qui a déclaré suivre le mouvement, vraisemblablement en restreignant les offres en 4 K et VR180, par exemple.

Et pour ne pas surcharger inutilement les réseaux 3G et 4G, l’opérateur Orange préconise à ses abonnés de favoriser le WiFi lorsque cela est possible. Car ces mêmes réseaux ont été mis à profit par les services gouvernementaux pour envoyer un message d’avertissement à tous les clients des principaux opérateurs, comme le permet le Code des Postes et Communications électroniques.

Des incidences sur le numérique ont cependant déjà lieu, tel le report du déploiement de la 5G prévu de longue date, mais impossible à maintenir au regard de la situation sanitaire. Les professionnels redoutent aussi une très prévisible augmentation de cyberattaques envers des télétravailleurs, obligés d’utiliser leur ordinateur personnel, moins protégé théoriquement que leur ordinateur professionnel.

Cette capacité de résilience des réseaux et de certains pans de l’activité économique par l’apport bénéfique des réseaux numériques, pour positive et rassurante qu’elle soit, ne doit pourtant pas masquer une réalité plus critique. Certains investissements n’ont-ils pas été effectués au mauvais endroit et au mauvais moment?

Le numérique n’est pas une solution miracle

Ce qui ressort dès à présent de cette pandémie, et que n’effaceront pas les succédanés numériques que l’on emploie pour pallier ses conséquences, c’est la situation d’impréparation dans laquelle nous nous trouvons. Encouragée par les gouvernements successifs, elle se matérialise par le manque cruel et criant de masques de protection, de solution hydroalcoolique, d’appareils respiratoires et de tests de dépistage. Ces mêmes tests qui auraient permis d’éviter la procédure de confinement en opérant à grande échelle et avec rationalité comme la Corée du Sud sut si bien le faire.

Le confinement n’empêchera d’ailleurs pas certaines pathologies de se développer ou de s’amplifier, comme la claustrophobie ou la dépression. Si le lien par le numérique et ses moyens de communication que sont les blogues, les messageries instantanées, les forums, la VoIP (voix par protocole IP), les médias sociaux sont appréciables et peuvent atténuer ou retarder ces symptômes, il ne s’agit pas non plus d’une solution miracle.

Cette crise sanitaire de haute intensité a mis à nu la véritable hiérarchisation des priorités par les dirigeants successifs. Comment expliquer qu’à ce jour, la France manque à ce point de matériel médical et de capacités de détection des infectés par une pandémie, alors que des radars automatiques de dernière technologie ornent jusqu’à des routes départementales traversant des zones considérées comme des déserts médicaux? Question subsidiaire: quel est l’équivalent en gel hydroalcoolique, masques FFP2, tests virologiques, lits d’hôpitaux d’un seul radar automatique (entre 35.000 et 120.000 euros l’unité, selon le modèle pour quasiment 5.000 appareils sur tout le territoire)? Ces mêmes objets censés sauver des vies, mais qui ne sauvent fondamentalement que les finances d’un État impécunieux.

Fort heureusement, certains investissements sont effectués à meilleur escient, tel ce drone survolant les rues de Nice pour avertir –et non sanctionner, du moins pas encore– les promeneurs qui enfreindraient l’obligation de confinement.

Ainsi, si le numérique est indéniablement un atout très appréciable en situation de pandémie pour poursuivre un minimum d’activité et conserver du lien social, il ne saurait être un placebo à une crise profonde que l’état sanitaire fait ressortir dans sa plus crue réalité.

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France, numérique, Covid-19
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