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Le rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme montre que le nombre de crimes et délits est en hausse en France. Par ailleurs, les Français témoignent d’un haut niveau de tolérance vis-à-vis des minorités.

Dans le contexte des manifestations contre le racisme, la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) présente ce 18 juin au Premier ministre son rapport annuel sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Il en ressort d’une part que les Français se disent de plus en plus tolérants; de l’autre que les actes à caractère raciste ou xénophobe sont en hausse.

La CNCDH a recensé 5.730 infractions contre des minorités en un an, soit une hausse de 11% après trois années consécutives de baisse. Les actes antisémites ont explosé en un an, avec 687 faits recensés en 2019. Ils ont «augmenté de 27% lors des neuf premiers mois de 2019, singulièrement sous forme de menaces», précise la CNCDH.

Les faits racistes contre les musulmans ont également connu une forte hausse de 54%, passant de 100 à 154. Sur les 1,1 million de victimes d'atteintes racistes recensées en 2019, seules 6.600 affaires ont été transmises à la justice, avec 393 condamnations, étaye la CNCDH.

Des préjugés persistent

6% des Français sont d’avis que certaines races sont supérieures à d'autres, chiffre connaissant une baisse constante ces dernières années, selon le rapport.

En outre, 45% des personnes interrogées jugent que «l’islam est une menace pour l’identité de la France». Pour 37%, «l’immigration est la principale cause de l’insécurité». 59% sont convaincus que «de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale». 60% estiment que «les Roms exploitent très souvent les enfants». Et enfin 34% sont persuadés que «les juifs ont un rapport particulier à l’argent».

La tolérance augmente

Cependant, les Français semblent plus tolérants. L’«indice de tolérance» qui sert de base pour la Commission est mesuré sur les données d’enquêtes annuelles sur le racisme. Sur une échelle de 0 à 100, l’indice de 2019 s’élève à 66, soit un point de moins par rapport à l’année précédente. «Plus l’indice se rapproche de 100, plus il reflète un niveau de tolérance élevé», explique la CNCDH. Un recul d’un point est considéré comme «limité» et ne «remet pas en cause les progrès accumulés au cours des années précédentes», d’après l’organisme. Néanmoins, cet indice a progressé de 13 points entre 2013 et 2019.

Bien qu’une acceptation croissante des minorités soit à constater, les Roms, ou gens du voyage, restent la minorité la plus rejetée. L’opinion publique partage tout de même largement la nécessité d’une «lutte vigoureuse» contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie, respectivement à 76%, 72% et 70%, souligne la CNCDH.

Le rapport a pris en compte les réponses d’un échantillon de 1.323 personnes. Les actes racistes ont été calculés grâce aux données du Service central du renseignement territorial (SCRT) du ministère de l’Intérieur.

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Tags:
France, rapport, antisémitisme, xénophobie, racisme
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