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Lors du défilé du 14 juillet de cette année, le cortège des policiers a été mené par Dominique Caffin, un CRS connu des militants pour sa brutalité et lié à deux affaires de violences policières, dénonce Libération.

Dominique Caffin, le seul CRS à porter les lettres GO, pour groupement opérationnel, est connu des militants pour ses interventions autoritaires, mais aussi pour ses débordements, notamment lors de plusieurs manifestations des Gilets jaunes, révèle Libération. L’homme de 56 ans est actuellement lié à deux affaires de violences policières, mais cela ne l’a pas empêché de mener les rangs des policiers lors du défilé du 14 juillet.

Fort d’une expérience de 35 ans, ce commandant divisionnaire qualifié de «dur de chez dur» par les proches du directeur général de la police nationale (DGPN) bénéficie de tout le soutien de sa hiérarchie malgré les différentes affaires qui le concernent, indique le quotidien. Désigné pour sélectionner les fonctionnaires qui ont marché lors du défilé, il est également chargé d’autres cérémonies prestigieuses, comme l’intronisation du DGPN.

Lié à deux affaires de violences policières

C’est pourtant lui qui avait mené la charge policière dans le Burger King lors de l’acte 3 des Gilets jaunes, le 1er décembre 2018, rappelle Libération. Une intervention retenue comme un symbole de la brutalité policière, au cours de laquelle quelques manifestants recroquevillés au sol ont subi plusieurs coups de matraques de la part des CRS. Interrogé par l’IGPN, il a déclaré qu’il avait «une certaine latitude opérationnelle dans le cadre de la mission confiée» mais a assuré qu’il n’était pas le commandant direct de cette intervention.

Dans une autre affaire liée aux Gilets jaunes, le 20 avril 2019, il a lui-même lancé une charge sur des manifestants et matraqué une femme de 40 ans à l’arrière de la tête. Celle-ci a perdu connaissance et a reçu six jours d’interruption totale de travail, selon Libération. Devant la police des polices, il a justifié que son acte visait à «sécuriser» son unité, précisant que le fait de porter «un sac m’oblige à porter le coup plus haut sur le dos et j’ai cherché à impacter l’épaule».

À propos du fait qu’il ait laissé sa victime au sol sans se soucier de son sort, M.Caffin a répondu: «bien évidemment, vue la physionomie et notre effectif, il n’était pas concevable de faire des prisonniers». Cette même affaire a fait l’objet d’une enquête administrative de la direction des CRS, laquelle a classé l’affaire sans suite, ne constatant «aucun manquement professionnel ou déontologique».

Il doit toujours être jugé en septembre après une plainte de la victime pour «violence volontaire avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique». Il a reçu le titre de chevalier de la Légion d’honneur en juillet 2018, a été décoré en 2019 par Christophe Castaner pour son action lors du mouvement des Gilets jaunes, puis s’est vu décerner une médaille de bronze en février 2020 par Didier Lallement.

Agressions sexuelles et chants nazis

Le quotidien retrace également le passé controversé du CRS, lequel dirigeait la compagnie 21 à Saint-Quentin, dans l’Aisne. Durant l’été 2003, une affaire concernant cette compagnie a fait surface, des témoignages faisant état de «rites humiliants» pour les nouveaux, de deux plaintes pour agression sexuelle ainsi que de violences contre des migrants et de chants nazis.

«Durant ces années à la 21, certains disaient: "On a affaire à une équipe de néonazis. Faut qu’on sorte Caffin, on va être confrontés à un scandale», a confié un proche des CRS à Libération. Mais le conflit a été réglé en interne et la carrière de Dominique Caffin ne s’en est pas retrouvée entachée. La DGPN a en tout cas assuré que son dossier disciplinaire était «vide» et qu’«il n’y a trace d’aucune sanction».

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Tags:
gilets jaunes, Inspection générale de la police nationale (IGPN), défilé, violences policières, police, Compagnie républicaine de sécurité (CRS)
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