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Enseignant décapité en région parisienne (69)
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«Il faut au contraire continuer à apprendre, il ne faut pas qu'ils gagnent». Un élève de Conflant-Sainte-Honorine, qui a pris part au rassemblement devant le collège du Bois d’Aulne, a estimé que les terroristes ne devaient pas gagner. Son entretien au journaliste indépendant Clément Lanot a été très partagé sur les réseaux sociaux.

Mise à jour du 21/10/2020: à la demande des autorités aux médias de ne pas diffuser le nom, prénom et le visage de l'adolescent concerné, Sputnik a modifié son article en supprimant ces informations. 

Dans une interview accordée au journaliste indépendant Clément Lanot le 17 octobre, un élève de Conflant-Sainte-Honorine, âgé de 14 ans, s’est exprimé sur l’assassinat de Samuel Paty et les terroristes, alors qu’il participait au rassemblement devant le collège du Bois d’Aulne.

«J’ai pleuré, parce que c'est très grave, c'est très très grave», a d’abord confié l’adolescent en apprenant la mort de son professeur, c’était «quelqu’un qui rigolait, qui avait une attention pour les élèves […], une personnalité».

​«Ce n’est pas normal»

D’après le garçon, perdre la vie après avoir parlé de liberté d’expression avec ses élèves, «ça ne devrait pas arriver, ce n’est pas normal».

«Je trouve qu'il ne faut pas leur [aux terroristes, ndlr] donner ça. Je trouve qu’ils ne méritent pas ça. […] Il faut au contraire continuer à apprendre, il ne faut pas qu'ils gagnent. […] Sinon les terroristes, eux, ils vont gagner! Ils vont dire "voilà, on les a tués, et maintenant ils n’apprennent plus, ils ne veulent plus revenir". Non, au contraire, il faut continuer à venir, faut pas lâcher», a déclaré l’adolescent, désormais en vacances, mais qui compte retourner au collège du Bois d’Aulne le 2 novembre.

Plus de deux millions de vues

L’entretien du garçon a été visionné plus de deux millions de fois depuis samedi.

«Voilà pourquoi il faut garder confiance. Merci jeune homme», a tweeté le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

​«Il y a déjà eu tellement de tweets imbéciles et lâches sur la nécessité de s’abstenir de montrer les caricatures qu’il fallait un ado de Conflans pour remettre les pendules à l’heure. Merci à lui», a quant à lui écrit l’eurodéputé Raphaël Glucksmann sur Twitter.

​«Témoignage à voir. Et à diffuser massivement», «notre génération n'est pas perdue, la preuve», «merci jeune homme», «donner la parole à l’intelligence. La France de demain, je l’espère», telles étaient les réactions d’autres utilisateurs de Twitter.

Scènes surréalistes

Mais la réaction de certains adolescents qui ont participé au rassemblement du 17 octobre a étédifférente et a même étonné la rédaction du Figaro. Par exemple, une adolescente a affirmé que «c’est une offense [contre Mahomet]» avant d’ajouter que «mourir pour une caricature, c’est fou». «Il a insulté notre prophète, on en parlait en cour de récréation», commente un autre.

Bien que la plupart condamnent cette décapitation, Le Figaro décrit également une «ambiance surréaliste entre condamnation molle et ambiance potache», avec par exemple des étudiants en train de «faire les idiots» devant une caméra. Autre anecdote révélatrice, une élève s’est adressée à l’un des journalistes: «Vous voulez voir sa tête? La photo est sur Twitter». Selon le quotidien, la collégienne s’est alors exécutée, montrant «sans grande émotion» la tête coupée du professeur.

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attentat, manifestation, élèves, enseignant, Samuel Paty, France
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