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Plombé par la médiatisation de ses risques pour la santé, ses suspensions et limitations dans certains pays, le vaccin d’AstraZeneca peine à trouver preneur en France. Début avril, neuf nouveaux cas de thromboses et quatre décès lui ont été associés par l’ANSM.

Vendredi 16 avril, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a comptabilisé dans un communiqué neuf nouveaux cas de thromboses atypiques, deux cas de troubles de la coagulation et quatre décès, tous chez des vaccinés à l’AstraZeneca. En conséquence, ce week-end, la méfiance envers le médicament britannique a redoublé.

«Pas d'AstraZeneca. Si c'est AstraZeneca, je m'en vais», a témoigné un quinquagénaire interrogé par Europe 1 au centre de vaccination de Douai (Nord). «C'est retiré dans certains pays [au Danemark, ndlr], donc je ne vois pas pourquoi je prendrais le risque. Je préfère garder mon masque, dans ce cas-là», a-t-il justifié.

Dans ce centre, un médecin a évoqué les difficultés à convaincre ses patients, certains insistant pour lire ce qui est indiqué sur le flacon. «C'est bien Pfizer? C'est bien le Pfizer?», lui a demandé un nonagénaire, «avec une agressivité qu'on n'a pas l'habitude de voir chez ce genre de patients», a-t-il confié. Ainsi, les négociations rallongent le temps de vaccination: entre 15 à 20 minutes pour l’AstraZeneca, seulement cinq minutes pour le Pfizer.

Centre fermé à Nice

La situation était encore pire à Nice, où il était prévu d’administrer 4.000 doses d’AstraZeneca en deux jours aux personnels prioritaires (enseignants, forces de l’ordre, etc.) de plus de 55 ans. L’initiative avait été lancée jeudi par le gouvernement. Son centre dédié a fermé ses portes samedi à 13 heures, après seulement une cinquantaine d’injections. Plus personne ne s’est présenté ensuite, au point que la préfecture a décidé de ne pas le rouvrir ce dimanche.

«Il y a des gens qui ont fait demi-tour quand ils ont appris que c'était l'AstraZeneca», a fait savoir auprès de France 3 Anne Frackowiak-Jacobs, sous-préfète de Grasse (Alpes-Maritimes).

La vaccination standard, destinée à tous les plus de 55 ans, reprendra ce lundi.

Cas de thromboses «rarissimes»

La psychose générée par ce vaccin est-elle pour autant justifiée? «Ces effets secondaires et les thromboses très particulières sont extrêmement rares. On parle de quelques cas par millions de personnes vaccinées», a expliqué sur Europe 1 Marie-Paule Kieny, présidente du comité scientifique sur les vaccins. «Le problème, c'est qu'une fois qu'un mouvement de panique est lancé, c'est très difficile de l'arrêter», a-t-elle déploré.

Même discours chez Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFML).

«Le bénéfice du vaccin est extrêmement important par rapport à une circulation virale qui est importante dans notre pays», a-t-il rappelé sur Franceinfo, assurant lui aussi que les cas de thromboses sont «rarissimes».

Il a constaté «tous les jours des patients qui ont de moins en moins d'appétence pour ce vaccin AstraZeneca. «Et on n’a pas été aidés par la communication gouvernementale».

Abandon de l’AstraZeneca?

Le médecin a même prédit qu’«on va probablement abandonner l’AstraZeneca», tandis qu’il est «probable», selon la ministre française de l’Industrie, que la Commission européenne ne renouvelle pas son contrat avec le laboratoire suédo-britannique.

En attendant, la France ne dispose pas encore d’assez de doses afin de pouvoir se montrer sélective en matière de vaccins. Il faut avoir «l'assurance que les autres vaccins soient en quantités», a confirmé Jérôme Marty. Il a d’ailleurs précisé que le Danemark, qui a abandonné son utilisation, n’a que «cinq décès par jour», soit «une circulation virale qui est beaucoup moins importante que la nôtre».

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Tags:
risques, thrombose, méfiance, vaccination, Vaxzevria, vaccin anti-Covid d'AstraZeneca/Oxford
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