France
URL courte
Par
L'affaire Mila (37)
91621
S'abonner

Lors de son discours à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Éducation a de nouveau soutenu l’adolescente Mila, victime de cyberharcèlement suite à ses propos controversés sur l’islam. Il a dénoncé «un scandale au cœur de notre société» et des «forces de mort».

À l’approche des débats de fond du procès des tourmenteurs de Mila, renvoyés au 21 juin, le ministre de l’Éducation a de nouveau apporté son soutien à l’adolescente le 15 juin à l’Assemblée nationale.

Jean-Michel Blanquer a dénoncé «un scandale au cœur de notre société» et s’en est également pris aux «forces de mort» qui menaçaient la jeune femme.

«Elle est seule et elle est harcelée au travers des réseaux sociaux, en particulier par des intolérants, par ceux qui représentent les forces de la mort», a déclaré le ministre en pointant du doigt «ceux qui veulent faire taire la liberté d'expression, faire taire la démocratie, faire taire la République».

Il a ensuite indiqué que pour cette cause, il a apporté son soutien «dès le premier jour», «comme l'ensemble du gouvernement, comme à toute personne qui exerce sa liberté d'expression et qui est menacée pour cela».

«Malgré cela, les forces de mort réussissent des choses, au travers des réseaux sociaux en particulier», a-t-il souligné, alors que Mila, toujours la cible de harcèlement, a confié auprès de TF1 avoir un manque de liberté et de confiance en l’avenir.

«Nous souhaitons tous la fermeté vis-à-vis de ceux qui font les menaces de mort et qui font moins les malins quand ils sont au tribunal», a ajouté M.Blanquer à l'Assemblée en notant la nécessité de montrer que «la force est du côté du droit et de la République».

«Je ne vois pas mon avenir»

Cyberharcelée sous la forme de messages insultants et d’appels au lynchage depuis janvier 2020 pour avoir publié une vidéo où elle tenait des propos très critiques sur l’islam, Mila a regretté dans l'émission C à vous sur France 5 le 15 juin que tant de portes lui soient encore fermées à cause de cette affaire.

«Non, je ne me sens pas abandonnée», a réagi la jeune femme qui vit sous protection policière depuis la publication d'une première vidéo. Mais elle a affirmé toutefois «avoir du mal à se raccrocher [à ça, ndlr], parce que tellement de portes [lui, ndlr] sont fermées».

«Ce qui me fait paniquer, c'est que je ne vois pas mon avenir, a-t-elle déploré. Même les petits boulots étudiants, les petits boulots de merde c'est sympa, c'est de l'expérience [...] Ça, ce sont des portes qui me sont fermées. Au niveau scolaire, c'est fermé aussi, donc je me dis: “mais qu'est-ce que je vais faire?”.»

Elle a noté sur France 5 que les associations féministes ou LGBT «n’ont pas envie» d’exprimer leur soutien pour elle, en ajoutant qu’«ils essaient de trouver tout et n’importe quoi pour ne pas me défendre».

En outre, l’adolescente a dénoncé une forme de «lâcheté et de malveillance».

«Je suis fière de me battre pour quelque chose que le pays dans lequel je vis a perdu», a dit la jeune femme, assurant être «fière de se battre pour éviter ça à d’autres personnes».

«Ce n’est pas seulement mon combat»

Elle a également déploré que «les gens n'[aie]nt pas envie de me défendre»:

«Ils n'ont pas envie de défendre quelqu'un qui est harcelé. Ils ont peur pour eux, ils ont peur pour leur réputation, ça c'est le plus important».

Selon elle, «с'est un raisonnement que je n'arrive pas à comprendre. Moi j'ai envie qu'on s'entraide».

«Quand les gens me disent par exemple "c'est ton combat", ce n'est pas seulement mon combat. C'est le combat de tout le monde. Je suis un être impuissant, je ne peux pas arrêter tout ça», a souligné l’adolescente.
Dossier:
L'affaire Mila (37)

Lire aussi:

Pass sanitaire: des sanctions «totalement disproportionnées» pour les récalcitrants?
L'efficacité du vaccin de Pfizer est tombée à 39% face au variant Delta, constate Israël
Le gouvernement fait revoter les députés en pleine nuit pour imposer le pass sanitaire à l’hôpital
Tags:
Jean-Michel Blanquer, cybermenaces, menaces, adolescents, harcèlement, affaires, France
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook