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Il y a 59 ans, une appendicectomie a été réalisée en Antarctique. Le médecin était en même temps le patient et son opération a été un succès. Ce n’est pas le seul cas d’autochirurgie et les personnes pratiquant des interventions sur elles-mêmes n’étaient pas toujours des médecins. Voici le top 5 des histoires pas pour les âmes sensibles.

Le 30 avril 1961, un médecin soviétique s’est opéré lui-même d’une appendicite en Antarctique. Toutefois, il y a aussi eu des cas où des personnes ont dû s’amputer des membres ou faire d’autres interventions sans avoir de formation médicale. Voilà quelques exemples des cas d’autochirurgie réussie.

Appendicectomie en Antarctique

En 1961, le chirurgien Leonid Rogozov, qui participait à la 6e expédition antarctique soviétique, s’est opéré lui-même d’une appendicite à la station scientifique de Novolazarevskaya.

Le 29 avril 1961, Leonid a présenté des symptômes alarmants: faiblesse, nausées, fièvre et douleur dans le bas-ventre droit. Étant le seul médecin de l'expédition, composée de 13 personnes, Leonid s’est lui-même diagnostiqué une appendicite aigüe. Les méthodes de traitement conservatrices (repos, faim, froid sur le ventre et prise d’antibiotiques) n'ont pas donné de résultats. Aucune des stations antarctiques les plus proches ne disposait d'un avion, et en outre, la mauvaise météo n’aurait pas permis d’envoyer un avion vers Novolazarevskaya, située à 80 kilomètres de la côte. Le médecin n’avait qu’à s’opérer lui-même.

L’opération s’est déroulée le 30 avril 1961, en présence de trois autres personnes. Le météorologue Alexandre Artemiev a fourni les instruments, l'ingénieur Zinovi Teplinski a tenu un petit miroir rond et une lampe. Le chef de la station, Vladislav Guerbovitch, était aussi présent pour remplacer quelqu’un en cas de besoin puisqu’aucun des assistants n'avait jamais participé à une intervention chirurgicale. En position couchée, incliné vers la gauche, Rogozov a effectué une anesthésie locale, après quoi il s’est fait une incision de 12 centimètres. Il a enlevé son appendice tantôt regardant son ventre dans le miroir, tantôt au toucher, sans gants. Trente ou quarante minutes après le début de l'opération, une faiblesse générale s'est développée, il a eu des vertiges et a dû faire de courtes pauses pour se reposer.

Cependant, l'opération n’a duré qu’une heure et 45 minutes et s’est terminée vers minuit. Cinq jours plus tard, sa température est revenue à la normale et deux jours plus tard, les points de suture ont été retirés.

Le chirurgien a décrit cette opération dans le Bulletin de l'expédition soviétique en Antarctique. En 1991, 1993 et 1998, il a été inscrit dans les livres des records de l'URSS, de la Russie, de la CEI et des pays baltes.

Amputation d’un avant-bras

Aron Ralston, alpiniste et ancien ingénieur chez Intel, est devenu célèbre en mai 2003 quand il a dû s’amputer l'avant-bras droit avec son canif dans le but de survivre. Cet Américain de 27 ans s’est retrouvé coincé entre la paroi et un bloc de grès d'une demi-tonne au fond d'une faille du Blue John Canyon où il était tombé lors d'une randonnée dans le désert de l’Utah. Comme il était parti sans avertir quiconque de ses projets, il n’espérait pas qu’on lui vienne rapidement en aide, selon le site Curledup.com.

Il a essayé de se libérer pendant six jours et cinq nuits. Souffrant de déshydratation et d'hypothermie, il s’est décidé à l’amputation le 1er mai. Après s’être ainsi libéré, a pris la route et, après un certain temps, est tombé sur des touristes qui l’ont aidé.

M.Ralston a raconté son accident dans son autobiographie Plus fort qu’un roc (Between a Rock and a Hard Place) qui a inspiré le film 127 heures en 2010.

Césarienne

Ines Ramirez Perez, résidente du village mexicain de Rio Talea, est connue pour être la première femme à avoir pratiqué une césarienne réussie sur elle-même. Le 5 mars 2000, cette femme de 40 ans, enceinte de son neuvième enfant, s’est auto-opérée pour sauver son bébé malgré le manque de formation médicale, de conditions stériles, d'instruments chirurgicaux et d'analgésiques. Après avoir perdu un enfant lors de son accouchement précédent, elle croyait qu’il fallait faire quelque chose, «sinon ce bébé serait mort aussi», selon le Telegraph.

Selon les médias, Ines a pris cette décision parce que la seule sage-femme locale était à quelque 80 kilomètres de son village, et son mari, qui avait assisté à la naissance des huit enfants précédents, était absent.

Avant de procéder à la césarienne au moyen d’un couteau de cuisine de 15 centimètres, cette maman a bu trois verres d'alcool fort pour atténuer la douleur. Elle a incisé son ventre en traçant une ligne verticale de 17 centimètres. En une heure, elle est parvenue à sortir l'enfant de son ventre, puis à couper le cordon ombilical avec des ciseaux avant de s'évanouir. Quand elle a repris conscience, Ines a enveloppé son bébé dans des langes et a demandé à ses fils d'aller chercher de l'aide, précise le journal Aufeminin.

Quelques heures après, Ines et son bébé ont été transportés à l'hôpital le plus proche, situé à deux heures et demi de route, où ils ont reçu les premiers soins. Ines a plus tard été emmenée à San Pedro, où elle a été opérée pour réparer les petites complications liées à sa césarienne, d’après l'International Journal of Gynecology and Obstetrics.

Amputation d’un bras au coude

Un pêcheur de homard du Maine aux États-Unis, Douglas Goodale, a dû se couper le bras au coude après qu’il a été projeté par-dessus bord lors d’une tempête en 1998. Il avait alors un peu plus de 30 ans et avait huit ans d’expérience dans cette profession.

Pendant l’accident, le pêcheur s’est retrouvé pris dans un treuil tirant les casiers à homard du fond de la mer et ne pouvait pas se libérer. Le treuil l’a laissé suspendu sur un côté du bateau, selon la chaîne de télévision BBC. Le pêcheur a réussi à se hisser sur le pont, se disloquant l'épaule. Cependant, il était toujours coincé dans le treuil, saignant abondamment et n'ayant aucun moyen de se libérer. Il a alors ramassé un couteau et s’est coupé le bras droit. Il a ensuite réussi à conduire son bateau au port pour obtenir des soins médicaux.

Selon la BBC, sa seule motivation était l'image de ses filles qui lui est venue à l’esprit. Après l'accident, Douglas Goodale a lancé à sa femme Becky, aux urgences: «Au moins, j'ai toujours ma bague de mariage», précise le site de la fondation Alicia Patterson. Dix-huit mois plus tard, il a recommencé à pêcher le homard, en compagnie de sa femme qui l’aide à préparer les casiers, mais il ne le fait maintenant que pendant le beau temps d’été.

Appendicectomie, amputation d’un doigt et opération d’une hernie

Evan O'Neill Kane, un chirurgien de Pennsylvanie, s’est opéré lui-même de son appendicite sous anesthésie locale en 1921, ce qui est l'un des premiers cas recensés d’autochirurgie.

Une fois installé sur la table d'opération, le médecin a demandé des coussins pour redresser son buste pour procéder lui-même à l’ablation, malgré la présence de son frère, lui aussi chirurgien. Il a désinfecté la zone concernée de son abdomen, y a injecté une solution d’un anesthésiant, avant d’inciser et de retirer l'appendice enflammé. Il a laissé ensuite l'équipe refermer la plaie. L'opération a duré 45 minutes.

Dans le New York Times du 16 février 1921, Evan O'Neill Kane a expliqué qu’il voulait prouver qu'une telle opération «pouvait être réalisée sans que l’on ait recours à une anesthésie générale, ce qui peut donc sauver de nombreux individus qui subissent des défaillances cardiaques ou ont d'autres sérieux problèmes sous anesthésie générale», rappelle Science et Vie.

Soit dit en passant, ce n'était pas la première et la dernière opération sur soi-même réalisée par Evan O’Neill Kane. En 1919, il s’était amputé un doigt infecté. En 1931, il a effectué une opération plus compliquée pour retirer une hernie inguinale alors qu’il avait déjà 70 ans. D’ailleurs, trois mois plus tard, il a succombé à une pneumonie, qui n’était pas, elle, auto-opérable.

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Tags:
amputation, appendicectomie, chirurgie
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