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Trois membres du Sénat des États-Unis réclament qu'un port allemand cesse de soutenir les travaux de construction du gazoduc Nord Stream 2 s’il veut assurer sa survie, relate le journal Handelsblatt en citant une lettre signée par les sénateurs.

Trois sénateurs américains, Ted Cruz, Tom Cotton et Ron Johnson, ont menacé le port allemand de Sassnitz, dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, de sanctions sévères en raison de son rôle dans la construction du gazoduc Nord Stream 2 qui passe par la mer Baltique, annonce le journal Handelsblatt.

«Si vous continuez à livrer des marchandises, des services et à soutenir le projet Nord Stream 2, vous empêcherez la survie de votre entreprise», ont notamment indiqué les sénateurs dans une lettre adressée à l’administration du port.

L’administration du port n’a pas commenté ces informations.

«Une guerre économique contre la politique souveraine»

Le représentant du groupe parlementaire Alternative pour l'Allemagne (AfD) pour l’énergie, Steffen Kotré, a déclaré à Sputnik que les démarches américaines étaient une «guerre économique contre la politique énergétique souveraine et notamment contre la politique gazière allemande et européenne». Il a appelé Berlin à immédiatement «donner une réponse franche» aux menaces des sénateurs.

«Les initiateurs de cette lettre doivent être frappés de sanctions, ils doivent se voir interdire d’entrer dans l’Union européenne et notamment en Allemagne. Les pays européens doivent faire preuve de solidarité. Cela montrera si l’UE est compétente. De telle choses sont inacceptables», a indiqué M.Kotré.

Waldemar Herdt, membre du comité pour les affaires internationales au Bundestag, a aussi appelé à donner «une digne réponse à cette insolence».

«Les alliés ne se comportent pas comme ça. Quand allons-nous comprendre qu'il n'y a pas d’alliés dans les affaires? Chaque pays agit dans son propre intérêt. Les États-Unis sont intéressés à nous vendre du gaz naturel liquéfié qui nous coûtera très cher et produira 30% de plus d'émissions de CO2 du point de vue écologique», a déclaré M.Herdt à Sputnik.

Il a jugé nécessaire d’écrire une lettre de réponse aux sénateurs américains et a promis de revenir à cette question après les vacances d’été au Bundestag.

Les travaux de construction du gazoduc se poursuivent

Le média en ligne Focus a précédemment annoncé que de nouveaux navires se sont joints à la pose de tuyaux du gazoduc en mer Baltique. Il s’agirait notamment du bateau Rossini qui se trouve à Sassnitz depuis plusieurs semaines.

Arrivé début juin, toujours d’après Focus, il abriterait quelque 140 ouvriers qui se rendent tous les jours au port de Mukran, la base logistique du Nord Stream 2.

D’après le journal local Ostsee-Zeitung, les ouvriers –britanniques, russes, ukrainiens et italiens- se préparent à construire le dernier tronçon du gazoduc, mais ils doivent «agir en cachette» en raison de possibles sanctions américaines.

Le Nord Stream 2

Le projet Nord Stream 2 prévoit la construction de deux conduites d’une capacité totale de 55 milliards de m3 de gaz par an reliant la côte russe à l’Allemagne en passant sous la mer Baltique.

Les États-Unis, qui font la promotion de leur gaz liquéfié en Europe, s’opposent activement à la réalisation du projet, tout comme l’Ukraine et plusieurs pays européens. Le pays de l’oncle Sam a adopté des sanctions contre le projet en 2019, réclamant que les sociétés chargées de poser les tubes arrêtent leurs travaux.

La société suisse Allseas a ainsi presque immédiatement rappelé ses navires.

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Tags:
Allemagne, États-Unis, menaces, Nord Stream 2
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