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La remise en «liberté provisoire» d’un violeur «est une grave erreur» d’un point de vue du principe, a déclaré le ministre marocain des Droits de l’Homme, précisant qu’en ce qui concerne le cas du touriste koweïtien qui a quitté le Maroc «c’était à la justice» de s’en occuper.

Dans une déclaration au site d’information Howiya Press, le ministre d’État marocain chargé des Droits de l’Homme El Mostafa Ramid s’est exprimé sur l’affaire du touriste koweïtien de 24 ans mis en cause dans un cas de détournement d’une mineure de 14 ans et d’agressions sexuelles à Marrakech, affirmant que la remise en liberté d’un violeur «était un grave erreur». Auparavant, le porte-parole du gouvernement El Hassan Abyaba avait également réagi à la question. Le mis en cause aurait quitté le royaume chérifien aussitôt après avoir été remis en liberté sous caution.

«Accorder la liberté provisoire à un violeur, qu’il soit de nationalité marocaine ou un citoyen étranger, est une grave erreur», a déclaré le responsable. Par ailleurs, il a ajouté qu’il s’exprimait «sur le principe» et pas précisément sur «ce cas parce que d’une part il est encore instruit par la justice et d’autre part je n’ai pas de données précises».

L’affaire du Koweïtien entre les mains de la justice

Le ministre a encore nuancé son propos en expliquant qu’il n’était pas en mesure de dire si ce principe s’appliquait ou non au cas du touriste Koweïtien. «Je ne suis pas en mesure d’apporter une réponse exacte à cette question», a-t-il annoncé, précisant que «cela reste de la compétence d’autres institutions», a-t-il conclu.

De son côté, le porte-parole du gouvernement El Hassan Abyaba a affirmé jeudi 13 février à l’occasion d’un point de presse que l’exécutif «ne peut pas intervenir» sur ce dossier, «car le pouvoir judiciaire agit conformément aux lois». «Le pouvoir judiciaire a de multiples moyens de s'acquitter de ses tâches en vue d'un procès équitable», a-t-il soutenu.

La société civile réagit

À l’appel de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), section de la ville de Marrakech, des dizaines de citoyens ont organisé une marche de protestation pour dénoncer «un cas d’impunité» concernant l’affaire de ce touriste koweïtien, a rapporté le site d’information arabophone Alyaoum 24.

Selon le média, les manifestants qui ont investi les rues de Marrakech ont «exigé une réelle protection des enfants contre les agressions sexuelles et une rigueur juridique envers les personnes condamnées dans les dossiers concernés».

L’AMDH va porter plainte à l’international

L’accusé, Abderrahmane Mohamed Samran Al-Azmi, devait être jugé mardi 11 février à la chambre criminelle près la cour d’appel de Marrakech. Il est poursuivi pour «attentat à la pudeur avec violence» sur une mineure de 14 ans.

Le mis en cause a été remis en liberté après avoir payé une caution de 30.000 dirhams (2.800 euros), tout en restant sous surveillance policière avec interdiction de quitter le territoire marocain. Or, le touriste koweïtien a quitté le royaume chérifien aussitôt après sa libération conditionnelle par le tribunal de la ville.

L’AMDH, qui se dit «étonnée» par le manque d’engagement de l’ambassade du Koweït, a annoncé son intention de recourir à toutes «les dispositions internationales sur les droits de l'enfant et contre le viol et la traite humaine, et à poursuivre l'accusé devant une juridiction internationale».

Au Maroc, 2.500 actions en justice ont été engagées par le ministère public en 2018 contre des personnes ayant commis des agressions sexuelles sur des enfants, selon un bilan officiel.

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Tags:
Comité de lutte contre les violences faites aux femmes (CLVF), violences conjugales, violence domestique, viol conjugal, violences, viol, Maroc
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