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Un eurodéputé espagnol a écrit à la Commission européenne pour lui demander de «consacrer des programmes de défense pour moderniser les installations de la base navale de Rota» afin de convaincre la Marine américaine de rester au-delà de mai 2021 et de ne pas déménager au Maroc, rapporte Ceuta TV.

Les craintes des autorités espagnoles de voir déménager au Maroc la base navale des États-Unis de Rota, sur la côte atlantique dans le sud-ouest de la péninsule ibérique, se confirment. En effet, l’eurodéputé espagnol José Ramon Bauza du parti de centre-droit Ciudadanos a saisi par écrit la Commission européenne pour lui demander une aide financière afin de remettre à niveau les infrastructures de la base, a rapporté le site de Ceuta TV. Le but étant de convaincre à terme les États-Unis de renouveler avec l’Espagne l’accord d’exploitation de cette base qui arrive à expiration en mai 2021. Le site d’information marocain Yabiladi a rappelé que c’est le même eurodéputé qui a tenté en avril de saboter un contrat d’armement conclu par le royaume chérifien avec les États-Unis, affirmant que les armes achetées par Rabat constituaient «un danger pour l’Espagne».

«L’Espagne a négligé ses forces armées»

L’accord de coopération militaire qui lie les États-Unis à l’Espagne depuis décembre 1988 concernant la base de Rota va expirer mai 2021. À cet effet, les inquiétudes de Madrid de voir les navires de guerre américains déménager vers la base de Ksar Sghir, dans le détroit de Gibraltar, au nord du Maroc, se sont accentuées, a rapporté dimanche 5 juillet le quotidien El Espanol.

Et pour cause, la ministre espagnole de la Défense Margarita Robles a indiqué que la Maison-Blanche n’avait «toujours pas présenté de demande officielle pour prolonger la présence de la marine américaine sur la base de Rota», a ajouté le média.

Dans sa lettre adressée à la Commission européenne, M.Bauza a évoqué la «possibilité de recourir à des fonds européens pour dynamiser la base navale de Rota et maintenir son activité par les forces armées américaines qui la partagent avec l’Espagne depuis 1953», a rapporté Ceuta TV.

Et de déplorer que «pendant des années, l’Espagne a négligé ses forces armées et ses relations transatlantiques alors que le Maroc a intensifié l’achat d'armes aux États-Unis, renforçant ainsi son influence auprès de Washington».

La base de Rota, un enjeu économique et stratégique pour l’Espagne

Pour étayer ses arguments, José Ramon Bauza a pointé le fait que «nous ne pouvons […] ignorer le défi marocain à la souveraineté espagnole à Ceuta et Melilla, et ses ambitions dans les eaux des îles Canaries».

Dans le même sens, il a expliqué que «pour l'Espagne, il est essentiel que l'US Navy maintienne sa présence à Rota […], non seulement à cause de l’apport de la base dans l'économie de la région, mais pour l'importance de rester un partenaire prioritaire pour les États-Unis face aux tentatives marocaines d’écarter notre pays».

Enfin, tout en suggérant à la Commission de «consacrer des programmes de défense européens pour moderniser les installations de la base navale de Rota», l’eurodéputé a mis l’accent sur la nécessité que l’Espagne saisisse «toutes les ressources disponibles afin de démontrer à nos partenaires américains notre attachement à l'alliance atlantique».

Des missiles antinavires, une autre pomme de discorde

Selon Yabiladi, José Ramon Bauza a également tenté en avril de faire échouer un contrat d’armement conclu entre le Maroc et les États-Unis. En effet, le royaume chérifien qui a fait une commande d’armements américains pour un montant de 10 milliards de dollars en 2019 a réussi à décrocher l’achat de dix missiles antinavires.

L’annonce de cette transaction a également suscité une réaction de M.Bauza qui a écrit une lettre aux présidents des commissions des Affaires étrangères à la Chambre des représentants et du Sénat des États-Unis, les implorant de bloquer le contrat.

«Cela constituerait un risque pour l’Espagne et affecterait négativement la stabilité dans le stratégique détroit de Gibraltar», a-t-il plaidé, selon le média.

Depuis le lancement de sa construction en 2008, la base navale marocaine de Ksar Sghir est source d’inquiétude pour l’armée espagnole, surtout après que le Maroc a multiplié sa surface par quatre pour qu’elle puisse accueillir également des sous-marins de la Marine américaine.

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Tags:
Commission européenne, Union européenne (UE), accord militaire, déménagement, base navale, accords UE-Maroc, Maroc, Espagne
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