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Après les remous politiques autour de la liste de Renaud Muselier en région PACA, Les Républicains se retrouvent d’autant plus divisés. Sur Franceinfo, plusieurs estiment que la faute est surtout à imputer à Macron.

Une dizaine de jours après l’annonce d’une alliance entre la majorité présidentielle et Renaud Muselier en Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), Les Républicains (LR) se retrouvent avec deux figures en moins dans la région, Hubert Falco (Toulon) et Christian Estrosi (Nice). Une rupture qui semble bien convenir à Emmanuel Macron, comme le rappellent plusieurs membres du parti.

«Macron veut nous dissoudre, il ne veut plus rien entre Marine Le Pen et lui», a fustigé un dirigeant LR sur France 2.

Pour le député LR Pierre-Henri Dumont, «il devient assez clair que Macron a ciblé la droite et cherche à faire monter le RN pour installer un duel Macron/Le Pen en 2022». Même son de cloche du côté de Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, pour qui cet accord «n’a qu’un seul but, démolir LR».

C’est également ce qu’explique à Franceinfo le politologue Rémi Lefebvre, professeur de sciences politiques à Lille 2.

«Son objectif, c'est de siphonner encore un peu plus la droite modérée et empêcher l'émergence d'une candidature de droite», analyse-t-il.

Selon lui, «avec ces régionales, on est déjà dans l'élection présidentielle, c'est le pré-premier tour. S'il fait exploser la droite, il tue le match».

Réponse de LREM

Du côté de La République en marche (LREM), un sénateur confie que le Président «a choisi de passer au-dessus de ces élections [régionales], il pense à l’après», mais nie toute forme de machination politique de sa part.

«Ce n'est pas Macron qui a tué la gauche ou veut tuer la droite. La recomposition politique préexiste et Macron en a bénéficié», assure-t-il.

Une idée qu’a rejetée le vice-président de LR Olivier Marleix, pour qui le chef de l’État est bel et bien derrière cette manœuvre, bien que l’annonce de l’alliance en PACA ait été faite par Jean Castex. «C'est en réalité une tentative de débauchage et une tentative de confusion de la part du Premier ministre, mais quand l'offensive est lancée par le Premier ministre, on comprend qu'il y a derrière la main du Président de la République», a-t-il déclaré, toujours sur Franceinfo.

Le cas Xavier Bertrand

Avant Hubert Falco et Christian Estrosi, c’est Valérie Pécresse et Xavier Bertrand qui avaient décidé de quitter leur famille politique. La première est candidate à sa propre réélection en Île-de-France, région où LREM a décidé de ne pas présenter de membre du gouvernement, mais le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, Laurent Saint-Martin. «Un aveu de faiblesse», pour le directeur de campagne de Mme Pécresse.

Le second fait face à une plus forte opposition dans les Hauts-de-France, où Macron a «envoyé» son ministre de la Justice, Éric Dupont-Moretti, rappelle Franceinfo.

«Le principal adversaire de Macron, c'est Xavier Bertrand. Car Bertrand peut mobiliser, dans les Hauts-de-France, des électeurs de gauche face au RN, et ça c'est plus gênant pour Macron», analyse Rémi Lefebvre.

L’ancien UMP/LR et candidat à la présidentielle de 2022 fait désormais face à un dilemme dans sa propre région, «où le Rassemblement national est annoncé très haut», considère le média. Il ne peut s’allier à LREM, au risque de passer pour un pro-Macron. «Sinon, il est mort pour la présidentielle», confirme son entourage. Mais il risque également de ne pas être réélu, condition qu’il a lui-même énoncée pour confirmer sa candidature à l’Élysée. La semaine précédente, dans Le Figaro, Xavier Bertrand prévenait déjà qu’Emmanuel Macron est «un calculateur froid, un destructeur».

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élections régionales, politique, Les Républicains (LR), La République en Marche! (LREM), Renaud Muselier, Emmanuel Macron
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