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    Raffineries saoudiennes

    Un conflit ouvert entre l'Iran et les USA est-il un scénario envisageable?

    © AP Photo / John Moore
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    Traduction de la presse russe (septembre 2019) (12)
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    La Russie est préoccupée par la hausse de la tension dans le golfe Persique et estime réel un affrontement militaire entre les Etats-Unis et l'Iran. C'est ce que des représentants du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe) ont déclaré au quotidien Izvestia.

    Sur fond d'attaques aériennes contre les sites pétroliers en Arabie saoudite la Russie appelle tous les acteurs à s'abstenir des démarches radicales, écrit Izvestia. Plus tôt, Donald Trump a menacé de s'en prendre au responsable des attaques contre les raffineries saoudiennes. Cependant, selon les experts interrogés par Izvestia, il est peu probable que le dirigeant américain veuille s'enliser dans une guerre à part entière à un an de l'élection présidentielle – à condition qu'il souhaite encore entrer dans l'histoire en tant que Président de la paix.

    De la besace à la guerre

    Dans la nuit de vendredi à samedi, les plus grands sites pétroliers saoudiens, les raffineries d'Abqaiq et de Kurais, ont subi une attaque massive de drones. Les deux entreprises sont hors service. Bien que l'attaque soit revendiquée par les Houthis yéménites, le secrétaire d'Etat américain Pompeo a presque immédiatement rejeté la faute sur l'Iran.

    Le Corps des gardiens de la révolution islamique a durement réagi à la position de la Maison-Blanche en rappelant que les bases militaires américaines dans la région, notamment à Al Oudeid au Qatar et la base de la 5e flotte américaine à Bahreïn, étaient à la portée des missiles iraniens.

    Moscou juge alarmante la situation actuelle, et la Russie continuera d'insister pour que toutes les parties impliquées s'abstiennent d'actions radicales afin que la situation ne dégénère pas en conflit armé ouvert avec la participation d'armées régulières des pays de la région. C'est ce qu'a déclaré le chef de la commission du Conseil de la Fédération pour les affaires internationales Konstantin Kossatchev.

    «Je suis convaincu que le scénario de force est tout à fait envisageable dans cette situation. Les Américains doivent réfléchir сent fois avant de lancer des missiles et se priver de la possibilité de reculer. Pas la peine de discuter pour savoir quelle position adaptera la Russie dans un conflit éventuel – il est important pour nous de coordonner, de consolider la communauté internationale sur les positions de rejet de tout scénario militaire dans cette situation», a averti le politicien.

    Sachant qu'il n'est pas question d'une mission de médiation de Moscou car il n'existe aucune raison pour les négociations entre Riyad et Téhéran – cela reviendrait à reconnaître que l'Iran est impliqué dans cette situation, poursuit Konstantin Kossatchev.

    Une escalade avant l'Assemblée générale de l'Onu?

    Cependant, selon l'orientaliste Roland Bijamov, il n'y aura pas de véritable confrontation militaire, tout comme après l'attaque contre les pétroliers saoudiens aux Emirats arabes unis, dont l'Iran a été accusé. Les Etats-Unis ont besoin de l'aggravation actuelle en prévision de l'Assemblée générale des Nations unies afin d'attiser la situation à la veille de la rencontre avec le Président iranien Rohani.

    «Le Président Trump veut montrer que la démission du conseiller à la sécurité nationale John Bolton n'a pas impacté la dure ligne de la politique étrangère des USA vis-à-vis de l'Iran. Je ne pense pas que le locataire de la Maison-Blanche aille jusqu'à lancer une frappe contre l'Iran, d'autant qu'il n'existe aucune preuve directe de son implication. Autre raison – la course présidentielle qui a commencé: Trump tient à l'image du Président de la paix, qui est gagnante au vu des agissements de ses prédécesseurs», a noté l'expert.

    Roland Bijamov a également supposé que l'attaque contre les grandes raffineries saoudiennes et la hausse du prix du baril qui s'en est suivie pourraient jouer en faveur du lobby américain des armes – à présent les plans de Donald Trump de clore la vente d'armes aux Saoudiens pour 110 milliards de dollars ne susciteront plus d'objections au congrès.

    En avril et en juin, les deux chambres du parlement américain avaient tenté à deux reprises de bloquer la vente d'armes à l'Arabie saoudite, dont le gouvernement était soupçonné d'avoir assassiné le journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi, ainsi que pour stopper le soutien militaire du conflit au Yémen. Cependant, le Président américain a utilisé deux fois son droit de veto contre la résolution du Congrès. Désormais le nombre de partisans du renforcement de la sécurité du principal allié des Etats-Unis au Moyen-Orient (après Israël) pourrait augmenter.

    Le 16 septembre, lors d'une conférence de presse à Ankara à l'issue du sommet trilatéral des dirigeants de la Russie, de la Turquie et de l'Iran, Vladimir Poutine a déclaré que Moscou était prêt à venir en aide à Riyad afin de renforcer les capacités défensives du pays.

    «Il suffit aux autorités politiques saoudiennes de prendre une sage décision gouvernementale, comme l'ont fait à une époque les dirigeants iraniens, en achetant des S-300, et comme l'a fait le président (turc Recep Erdogan) en achetant à la Russie de S-400. Ils protégeront efficacement toutes les sites d'infrastructure de l'Arabie saoudite», a affirmé le Vladimir Poutine.

    A l'heure actuelle, le royaume dispose de systèmes antiaériens américains Patriot.

    Comme l'a expliqué au quotidien Izvestia l'orientaliste Viatcheslav Matouzov, les Etats-Unis ne vont certainement pas se réjouir du progrès dans la coopération militaire russo-saoudienne.

    «L'Arabie saoudite n'est pas la Turquie, il sera bien plus difficile de faire pression car le royaume est plus fortement lié à la politique de Washington», conclut l'expert.

    Sursaut émotionnel

    La bourse mondiale a réagi à l'attaque contre les sites pétroliers et la réduction de la production en Arabie saoudite par une hausse significative – à l'ouverture des échanges lundi le baril Brent a augmenté de presque 10 dollars, s'approchant de la barre de 70 dollars. Puis le cours s'est réduit, et en milieu de journée Brent se vendait à un peu plus de 65 dollars. Toutefois, dans la soirée il est reparti à la hausse – jusqu'à 68 dollars.

    Plus tôt, les experts n'excluaient pas qu'à long terme le baril puisse augmenter jusqu'à 100 dollars.

    Le cours pétrolier élevé a été également soutenu par la bourse ruse. La bourse de Moscou a ouvert la semaine par une hausse active. L'indice MICEX a gagné dès les premières minutes près de 1%, alors que l'indice RTS a augmenté de plus de 1% pour s'approcher de la barre de 1.400 points. Sans surprise, les leaders de croissance sont les actions des compagnies pétrolières et gazières russes: Rosneft, Lukoil, Novatek, Sourgoutneftegaz, qui ont gagné entre 1,5 et 3,5%.

    La première réaction du marché a été émotionnelle, a expliqué l'analyste de BKS Premier Anton Pokatovitch.

    «A court terme, le baril se trouvera dans l'intervalle 63-66 dollars», estime l'expert.

    Toutefois, si l'Iran était reconnu coupable de l'attaque contre les sites saoudiens, le prix du baril pourrait augmenter jusqu'à 67-70 dollars, pense Anton Pokatovitch.

    La directrice adjointe du centre analytique Alpari, Natalia Miltchakova, pense que le cours du pétrole à hauteur de 100 dollars serait possible à une seule condition: si les Etats-Unis lançaient une frappe contre l'Iran ou les Houthis, et si l'Iran se retrouvait également impliqué dans cette guerre.

    «Dans ce cas il pourrait même dépasser 100 dollars. Mais le baril à 70 dollars paraît plus réel dès septembre», a déclaré l'experte à Izvestia.

    Les experts interrogés estiment que pour l'instant la Russie respectera l'accord Opep+ et n'augmentera pas sa production pour compenser les quantités manquantes de l'Arabie saoudite.

     

    Le ministre russe de l'Energie Alexandre Novak a recommandé de ne pas changer le niveau actuel de la production et d'attendre l'évaluation des conséquences éventuelles de l'attaque. Néanmoins, il n'écarte pas la possibilité de réunir le comité de surveillance de l'Opep+ pour revoir les paramètres de l'accord sur la réduction de la production.

    Sur fond de situation déjà tendue dans le Golfe, le 16 septembre, l'Iran a arrêté un nouveau pétrolier étranger soupçonné de contrebande de 250.000 tonnes de pétrole. Ce cargo naviguait sous pavillon émirat.

    Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur de l'article repris d'un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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    Traduction de la presse russe (septembre 2019) (12)

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    Tags:
    Assemblée générale des Nations unies, Russie, Iran, États-Unis, Arabie Saoudite
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