Sci-tech
URL courte
1122
S'abonner

Les cellules «responsables» de la chair de poule, ce phénomène qui protège du froid les animaux à fourrure et, dans une moindre mesure, les humains, assurent également le contrôle de la pousse des cheveux, affirment des scientifiques de l'université Harvard dans une nouvelle étude.

La chair de poule protège les animaux à fourrure épaisse du froid, alors que les humains ne semblent pas vraiment tirer de bénéfice de cette réaction. Pourtant, elle a son rôle à jouer. Dans une nouvelle étude publiée par la revue Cell, des chercheurs de l'université Harvard et de l’université nationale de Taïwan ont découvert que le phénomène était important pour la régénération du follicule pileux, puisque les nerfs et les muscles impliqués stimulent également la formation de cellules souches de la peau, ce qui aide à combattre la chute des cheveux.

«Nous avons toujours voulu comprendre comment les comportements des cellules souches sont régulés par des stimuli externes. La peau est un système fascinant qui possède de multiples cellules souches entourées de différents types d’autres cellules et se situe à l'interface entre notre corps et le monde extérieur. Par conséquent, ces cellules souches pourraient éventuellement répondre à un large éventail de stimuli», notamment des changements de température extérieure, a déclaré Ya-Chieh Hsu, qui a dirigé l'étude.

La connexion entre le nerf sympathique et le muscle constitue la base cellulaire du phénomène: le froid déclenche l'envoi d'un signal nerveux et le nerf contracte le muscle en provoquant la chair de poule. Toutefois, lors de l'examen de la peau au microscope électronique, les chercheurs ont découvert que le nerf sympathique était lié non seulement au muscle, mais était également directement connecté aux cellules souches du follicule pileux. En fait, les fibres nerveuses s'enroulent autour de celles-ci comme un ruban.

Pousse de nouveaux cheveux

Sous la peau, le nerf sympathique réagit au froid en contractant le muscle provoquant la chair de poule et en stimulant l'activation des cellules souches du follicule pileux et la pousse de nouveaux cheveux.

«Nous pouvions vraiment voir au niveau de l'ultrastructure comment le nerf et la cellule souche interagissent», a souligné Ya-Chieh Hsu.

Les chercheurs ont ensuite constaté que l'activité nerveuse maintenait les cellules souches dans un état prêt pour la régénération. Soumiss à un froid prolongé, le nerf était activé à un niveau beaucoup plus élevé et plus de neurotransmetteurs ont été libérés, engageant une activation rapide des cellules souches, la régénération du follicule pileux et la croissance de nouveaux cheveux. Mais lorsque les scientifiques ont enlevé le muscle connecté au follicule pileux, le nerf sympathique s'est rétracté et la connexion nerveuse aux cellules souches du follicule pileux a été perdue.

«Cette réaction particulière est utile pour coupler la régénération tissulaire aux changements du monde extérieur, comme la température. C'est une réponse à deux niveaux: la chair de poule est un moyen rapide de fournir une sorte de soulagement à court terme. Mais lorsque le froid dure, cela devient un mécanisme intéressant pour que les cellules souches sachent qu’il est peut-être temps de générer un nouveau pelage», a expliqué pour sa part Yulia Shwartz, co-auteur de l'étude.

Les chercheurs se proposent de continuer à étudier comment l'environnement pourrait influencer les cellules souches de la peau, notamment dans des situations de réparation, telles que la cicatrisation des plaies.

Lire aussi:

Il traite ses copains de «fils de porcs» dans le 93, sa mère refuse de s'excuser auprès de l'enseignant et l'insulte
Des musulmans investissent une mairie et exigent des excuses d’un élu pour ses propos jugés racistes
Deux bus attaqués par une trentaine de délinquants près de Conflans après la mort d’un homme abattu par la police
L’Union américaine de géophysique s’excuse auprès des scientifiques russes
Tags:
chercheurs, cheveux, science
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook