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Une étude danoise concernant l’efficacité du masque chirurgical a démontré que le port de ce dispositif n’a qu’«un petit effet de protection». Les scientifiques soulignent néanmoins que «les spécificités du cadre de l'étude» ont limité «sa force statistique, mais aussi la généralisation de ses conclusions», d’après Annals of Internal Medecine.

Une équipe de scientifiques danois de l’Université de Copenhague, dont Kasper Iversen a fait partie, a publié ce mercredi 18 novembre une étude intitulée Danmask-19 sur l’efficacité du masque chirurgical, dans le journal scientifique Annals of Internal Medecine. Seuls 1,8% des porteurs de masque ont contracté le Covid-19, contre 2,1% parmi ceux qui ne le portaient pas. «Un petit effet pour se protéger du Covid-19», selon le rapport publié sur le site de l’hôpital Rigshospitalet.

Au cours des deux mois de l’étude, les 6.000 participants devaient passer au moins trois heures par jour à l’extérieur et dans les lieux publics, rapporte Annals of Internal Medecine.

Le groupe des porteurs, soit 3.030 participants choisis de façon aléatoire, a été muni de 50 masques chirurgicaux gratuits par mois et a été encouragé à mettre cette protection partout dans les lieux publics. Pendant ce temps, les 2.994 personnes du groupe de contrôle se sont contentées de la distanciation sociale.

Les participants devaient faire des autoévaluations hebdomadaires et des tests de dépistage du SARS-CoV-2 à la maison.

Le premier infecté et bilan de l’étude

La première infection a été trouvée chez un porteur de masque dont le résultat était basé sur des tests de détection des anticorps (PCR), confirmé par la suite dans les services hospitaliers, selon Annals of Internal Medecine.

Deux mois après, le nombre d’infectés a augmenté considérablement: 42 personnes (1,8%) chez les porteurs de masques, 53 personnes (2,1%) dans le groupe de contrôle, déclarent les scientifiques dans leur rapport.

«Un petit effet» de protection de 15-20%

La différence de 0,3% «insuffisante pour établir une signification statistique», a toutefois prouvé un «petit effet» de protection contre le SARS-CoV-2, évalué à 15-20%, rapporte l’étude Danmask-19.

«Nous n'avons pas pu montrer un effet significatif», a expliqué le professeur Iversen dans son rapport, pour qui l'effet du port du masque, s'il n'est pas insignifiant, «n'est pas aussi important que nous l'anticipions».

«Les spécificités du cadre de l'étude»

Toutefois, moins de la moitié des participants (46%) ont correctement appliqué les consignes de port du masque, informe le rapport publié sur le site de l’hôpital Rigshospitalet.

L’étude Danmask-19 a eu lieu au Danemark entre avril et mai, au moment où presque personne dans le pays ne portait de masques hors hôpitaux, ce qui a limité la fiabilité de la recherche.

«Les spécificités du cadre de l'étude limitent non seulement sa force statistique mais aussi la généralisation de ses conclusions», ont conclu les scientifiques dans la revue.

Au Danemark, pays relativement épargné par la pandémie, le port du masque est devenu progressivement obligatoire depuis août. Le gouvernement a introduit les masques dans les transports en commun, ainsi que la fermeture des bars, cafés et restaurants et enfin fin octobre de tous les lieux publics.

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Tags:
étude, masques, Covid-19
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