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À la veille de la fête nationale belge, Bart De Wever, chef du parti nationaliste flamand, a fait une déclaration provocatrice. Connu pour prôner l’autonomie de la Flandre, région néerlandophone belge, il est allé plus loin et a proposé de la réunifier avec les Pays-Bas.

Les nationalistes flamands chérissent l’idée de l’union de la Flandre, région néerlandophone belge, avec les Pays-Bas, même si celle-ci n’a duré que jusqu’à la fin du XVI siècle.

Le 20 juillet, un jour avant la fête nationale en Belgique, Bart de Wever, président du parti nationaliste flamand N-VA et bourgmestre d’Anvers, a plaidé pour la réunification de la Flandre avec les Pays-Bas dans l'émission Trends Talk sur Kanaal Z:

«Je n’ai jamais abandonné ce rêve: que tous les néerlandophones vivraient un jour à nouveau ensemble, les Pays-Bas du Sud et du Nord».

La Flandre et les territoires actuels des Pays-Bas, ainsi que ceux du Luxembourg ou de Namur, faisaient partie des Dix-Sept Provinces à partir de la fin du XIV siècle. En 1585 la chute d’Anvers et son transfert à la monarchie espagnole y a mis un terme.

La Flandre en cavalier seul

La N-VA, le parti de De Wever, prône que la Flandre devrait être un État indépendant au sein de l’UE.

«Notre but final est, en effet, une Flandre indépendante en tant qu’État membre européen, mais le chemin pour y parvenir est jalonné d’étapes et doit être parcouru dans le respect de la démocratie», affirme le parti dans son programme.

Afin d’y arriver, il propose à 6,6 millions de Flamands, soit 60% de la population belge actuelle, «d’emprunter la voie du confédéralisme». Le parti ne parle pourtant jamais de réunification avec les Pays-Bas.

De Wever précise que ce projet traduit son point de vue personnel:

«Une confédération des Pays-Bas pourrait être une réalité après-demain. Je mourrais plus heureux en tant que Néerlandais du Sud qu’en tant que Belge».

Toujours dans cette interview, il vante certains avantages économiques: Anvers et Rotterdam, deux grandes villes portuaires, pourraient fusionner pour «devenir la porte d’entrée de l’économie de l’Europe du Nord-Ouest».

Divorce à l’amiable après 2024?

Récemment De Wever, aussi partisan de la cause catalane, a fait part de son souhait de négocier son plan séparatiste après les élections de 2024. Dans une interview sur Radio 1 (VRT) début juillet, il assurait de la nécessité d’un «accord de séparation ordonnée».

La N-VA est créditée de 21,5% d’intentions de vote parmi les Flamands, selon un sondage de l’université VUB et de l’université d’Anvers paru fin mai. Au sommet du podium se trouve le Vlaams Belang, un parti nationaliste d’extrême droite (24,7%).

Silence général

Ces propos provocateurs ont été tenus à la veille de la fête nationale. Cette date se réfère au jour de l'intronisation de Léopold Ier en 1831, considérée comme l'acte de naissance de l’État belge. Les leaders flamands boudent traditionnellement les cérémonies du 21 juillet. Ainsi, Jan Jambon (N-VA), chef du gouvernement flamand, était absent ce mercredi durant le volet officiel de la cérémonie, selon l’AFP.

La déclaration de De Wever est d’autant plus surprenante qu’elle est passée inaperçue. Pour l’instant, aucune des figures politiques belges n’a réagi, que ce soit le Premier ministre Alexander De Croo (Open Vld, parti socio-libéral), le président du parti libéral Mouvement Réformateur George-Louis Bouchez ou le leader du Parti socialiste Paul Magnette.

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Tags:
indépendantistes, séparatisme, Bart De Wever, Alliance néo-flamande (N-VA)
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