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Cinq professeurs en médecine ont signé une déclaration appelant les Algériens à éviter le sacrifice du mouton de l’Aïd el-Kébir à cause du risque élevé de contagion au Covid-19, a indiqué TSA. Ils ont suggéré à la population de tirer les leçons de l’augmentation du nombre de cas après l’Aïd el-Fitr et la participation aux mariages.

Dans le contexte de la détérioration de la situation sanitaire en Algérie, un collectif de professeurs de médecine, dont trois épidémiologistes, ont signé un communiqué appelant les habitants du pays à renoncer cette année au sacrifice de l’Aïd el-Kébir à cause du risque grandissant de contagion, a rapporté le site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA).

«Les données du ministère de la Santé […] tendent à démontrer quotidiennement une alarmante persistance de la circulation du virus au sein de la population», ont-ils déploré.

Et de signaler que «dans toutes les wilayas [régions, ndlr] remontent des exemples nombreux de familles entières atteintes par l’infection avec parfois, hélas, une issue fatale pour les membres les plus fragiles».

Dans ce contexte, ils ont annoncé joindre leur voix à celle de tous ceux «qui ont pertinemment plaidé en direction des hautes autorités du pays, en faveur d’une renonciation au sacrifice du mouton cette année 2020».

Les risques de contagion

Dans le même sens, ces professeurs ont prévenu que «les regroupements créés par les événements à caractère familial (mariages, funérailles…) ou religieux (l’Aïd el-Fitr) ont été pointés comme facteurs directement responsables de la flambée épidémique, anéantissant tous les efforts et sacrifices consentis depuis le début de la riposte».

À cet effet, alors que l’Aïd el-Kébir est prévu pour le 31 juillet, le collectif a appelé les Algériens à tirer les leçons «de ces récents revers subis dans notre combat contre le Covid-19 si l’on souhaite en toute responsabilité éviter une nouvelle flambée qui compliquerait singulièrement la riposte et annihilerait tous les efforts d’endiguement entrepris jusque-là».

Par ailleurs, ces spécialistes de la santé ont fait remarquer que «cette sage et raisonnable décision» va également contribuer à «alléger la charge de travail des personnels soignants et à les préserver» du Covid-19.

Sous le titre «Déclaration du groupe d’experts nationaux au sujet de la célébration de l’Aïd el-Kébir», le document a été signé par trois professeurs épidémiologistes et deux autres spécialisés en pneumo-phtisiologie et en médecine interne. Ces deux derniers sont membres du Comité scientifique en charge de l’épidémie du Covid-19.

La situation sanitaire se complique

Dans le contexte de l’accélération de la contagion en Algérie, le corps médical national a franchi un seuil jamais atteint en nombre de décès et d’infectés dans ses rangs.

En effet, dans une déclaration faite dimanche 26 juillet à la Radio nationale algérienne, le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le Pr Lyes Merabet, a fait état «de 80 morts et plus de 3.500 infectés» confirmés parmi les personnels soignants.

Lors d’un point-presse tenu le lundi 27 juillet, le porte-parole du comité scientifique, le Pr Djamel Fourar, a fait état de 616 nouveaux cas de contamination. Selon lui, le total des cas confirmés depuis le début de la maladie en Algérie s'élève à 27.973, soit 1,4 pour 100.000 habitants, dont 1.163 décès et 18.837 guérisons.

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Tags:
mouton, l’Aïd, pandémie, épidémie, bilan, Coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS), coronavirus SARS-CoV-2, souche de coronavirus, Covid-19, Algérie
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