Sci-tech
URL courte
Par
111610
S'abonner

L’analyse approfondie de l’inhumation d’une chasseresse découverte en 2018 dans les Andes péruviennes et datée d’il y a environ 9.000 ans a poussé les chercheurs à réviser la théorie selon laquelle dans les sociétés préhistoriques, les hommes étaient de préférence chasseurs et les femmes cueilleuses.

La répartition des rôles entre les hommes et les femmes chez les chasseurs-cueilleurs préhistoriques ne dépendait pas forcement du genre, indique une étude menée par des chercheurs de l’université de Californie, dont les détails sont rapportés par Science Daily.

«Les pratiques de travail dans les sociétés modernes de chasseurs-cueilleurs sont fortement associées au genre, ce qui pourrait amener certains à croire que les inégalités sexistes dans des domaines comme la rémunération ou le rang sont en quelque sorte "naturelles". Mais il est maintenant clair que la division sexuelle du travail était fondamentalement différente -probablement plus équitable- dans le passé profond des chasseurs-cueilleurs de notre espèce», indique l’étude.

L’étude est fondée sur l’analyse des os appartenant à une femme préhistorique dont la sépulture a été découverte en 2018 lors de fouilles archéologiques sur un site de haute altitude appelé Wilamaya Patjxa, au Pérou.

Les chercheurs ont alors découvert à côté des os une boîte à outils de chasse avec des pointes de projectile et des outils de traitement des animaux morts. Compte tenu du fait que les objets qui accompagnent les personnes dans la mort ont tendance à être ceux qui les ont accompagnés dans la vie, des archéologues en avaient initialement conclu qu’il s’agissait d’un chasseur.

Or, de premiers examens osseux suggéraient que le chasseur était probablement une femme ce qui a été par la suite confirmé par l'analyse des protéines dentaires. Cette découverte surprenante a conduit l'équipe à se demander si l’existence de cette chasseresse faisait partie d’un pratique répandue où était plutôt une exception.

En examinant les publications concernant des sépultures du Pléistocène tardif et du début de l'Holocène en Amérique du Nord et du Sud, les chercheurs ont identifié 429 individus sur 107 sites. Parmi ceux-ci, 27 individus étaient associés à des outils de chasse au gros gibier dont 11 étaient des femmes.

Une chasseresse

Cet échantillon était suffisant pour «justifier la conclusion que la participation des femmes à la chasse préhistorique au gros gibier n'était probablement pas rare». En outre, l'analyse a identifié la chasseresse de Wilamaya Patjxa comme la première inhumation de chasseur dans les Amériques.

L'analyse statistique montre qu'entre 30% et 50% des chasseurs de ces populations étaient des femmes, selon l'étude. Ainsi la femme de l’époque concernée était beaucoup plus impliquée dans la chasse que celle des sociétés de chasseurs-cueilleurs plus récentes ou dans les sociétés agricoles et capitalistes, où la chasse est une activité résolument masculine avec un faible taux de participation féminine, d’habitude inférieur à 30%.

Lire aussi:

L’humoriste de France Inter Guillaume Meurice s’en prend aux commerçants frappés par le confinement
Traversée de l’Algérie avec un âne: le challenge qui passe mal sur les réseaux sociaux
Une «violente altercation» éclate entre deux avocats lors du procès Sarkozy, l’audience suspendue
Tags:
sépulture, chasse, Pérou, États-Unis
Règles de conduiteDiscussion
Commenter via SputnikCommenter via Facebook