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Des psychologues ont expliqué en quoi les fans de films apocalyptiques et d’horreur étaient plus résistants et mieux préparés à des scénarios comme la pandémie de coronavirus. Certaines scènes permettraient aux spectateurs d’apprendre «par procuration».

Les films mettant en scène la fin du monde, que ce soient sous les morsures des zombies, les rayons lasers des extraterrestres ou les maladies infectieuses, apportent un réel avantage à leur public. C’est ce qu’affirment des chercheurs issus d’universités américaine et danoise. En effet, les personnes qui en sont friandes développeraient une certaine résilience psychologique dans des situations de crise, comme la pandémie de coronavirus.

Les scientifiques ont interrogé 310 volontaires sur leurs préférences en matière de films et leurs habitudes de visionnage, avant de leur demander dans quelle mesure ils se sentaient prêts à affronter la pandémie. Ils ont également été invités à s’exprimer sur les niveaux d’anxiété, de dépression, d’irritabilité et d’insomnie qu’ils avaient connus pendant cette période.

Les fans de films d’horreur semblaient moins perturbés par la crise que les autres, tandis que ceux qui préféraient les «films de survie», dans lesquels la société est en train de s’effondrer, se sont montrés plus résistants et mieux préparés, tant sur le côté mental que pratique.

«Nous pensons que les gens apprennent par procuration. C'est comme si, à l'exception de la pénurie de papier toilette, ils savaient à peu près quoi acheter», a expliqué au Guardian Coltan Scrivner, auteur de l’étude et psychologue spécialisé dans la curiosité morbide à l’université de Chicago.

Le fait d’être attiré par un film et de s’identifier aux personnages permet de «répéter involontairement les scénarios», a-t-il ajouté.

Des leçons à tirer

Le psychologue a pris pour exemple Contagion, sorti en 2011 et dans lequel un virus mortel extrêmement contagieux se propage rapidement en provoquant une panique mondiale. Ce film catastrophe a d’ailleurs regagné en popularité avec la pandémie. Un des personnages y vante un remède miracle appelé forsythia, mais le médicament se retrouve victime de son succès et provoque le chaos.

«C'est similaire à ce qui se passe avec le médicament anti-paludisme [l’hydroxychloroquine recommandée par le Pr Raoult, ndlr]», a souligné M. Scrivner. «Il y aura toujours des gens qui vanteront les mérites d'un remède miracle face à une telle situation, et ce que vous en retirez, c'est que vous devriez peut-être être sceptiques».

Selon lui, regarder des films de survie, dans lesquels le monde subit des bouleversements sociaux massifs, des états de loi martiale ou des situations où les gens réagissent de manière dangereusement égoïste, permet de mieux réagir en situation réelle. «Comparé à quelqu'un qui n'a jamais simulé la fin du monde, vous serez mieux placés parce que vous avez cette expérience par procuration», a-t-il conclu.

L’étude a été publiée le 30 juin sur le site psyarxiv, qui regroupe des prépublications, et fait actuellement l’objet d’une révision par la revue Social Psychology and Personality Science.

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Tags:
psychologue, horreur, étude, apocalypse, pandémie, film
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